Le futur du bilinguisme

Les acteurs du monde de l'éducation et de la culture en Vallée d'Aoste se sont réunis à Aoste pour réflechir sur l'enseignement du français

La maîtrise du français est un outil précieux dans un monde globalisé : avec 300 millions de locuteurs, il s'agit de la 5ᵉ langue la plus parlée au monde. En Vallée d'Aoste, c'est aussi séculaire. Et pourtant, beaucoup de jeunes rejettent le bilinguisme.

La langue française est enracinée dans la région alpine depuis longtemps. La crise arriva après l'installation du régime fasciste, car le gouvernement imposa l'italien à l'école et au travail. Le but était d'écraser une diversité culturelle qui remonte au seizième siècle.

Depuis la promulgation du Statut, en 1948, le français est l'un des piliers de l'autonomie. Les écoliers étudient la langue six heures par semaine ; le lycée classique propose une filière bilingue italien-français. Les résultats sont satisfaisants : le niveau moyen est assez élevé.

Néanmois, le français n'est pas une langue parlée au quotidien par les jeunes. Pour projeter la francophonie dans l'avenir, il faut regarder au-delà de l'horizon scolaire : la maitrise d'une langue est une opportunité pour ceux qui souhaitent une carrière à l'étranger.

Au point de vue formel, le français et l'italien sont sur un pied d'égalité en Vallée d'Aoste. Cependant, les moyens de communication et les réseaux sociaux utilisent l'italien. Qu'est-ce qu'on peut faire pour invertir la tendance ? Le défi est de changer la méthode d'enseignement : il faut passionner les élèves et trouver les moyens de leur faire aimer le français. Les jeunes sont les interprètes d'une culture qui ne doit pas perdre ces racines.

Les interviews à: Daniela Gallotti, professeure de littératures francophones - Université de la Vallée d'Aoste; Carla Pramotton, président de l'Institut d'histoire de la Résistance en Vallée d'Aoste; Teresa Grange, Professeure de pédagogie - Université de la Vallée d'Aoste; Alessandro Celi, Président Comité scientifique Fondation Émile Chanoux; Patrizia Bérard, institutrice